Grand Témoin Patrick AYACHE

Interview de Patrick AYACHE, Vice-Président du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, en charge du tourisme.

 

 

 

Le 4 janvier dernier, vous avez été élu au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Vice-Président en charge notamment du tourisme : comment envisagez-vous cette fonction ?

Je serai un élu de terrain, engagé, ayant à cœur d’apporter des réponses concrètes et de faire aboutir les projets.

C’est la raison pour laquelle, avec Sylvie Martin, conseillère régionale déléguée au tourisme, j’ai tenu à ce que la fusion des deux comités régionaux du tourisme se fasse très vite pour disposer de l’outil de promotion et de développement dont la région a besoin.

Je souhaite maintenant aller très rapidement à la rencontre des professionnels du tourisme de Bourgogne-Franche-Comté, réunir sur les sites à enjeux les acteurs publics et privés qui, par leurs volontés convergentes et leurs actions croisées, font germer puis grandir les projets sur leur territoire.

J’ai besoin de m’imprégner de cette réalité au contact de ceux qui font vivre le tourisme au quotidien, de découvrir aussi cette région dans ses nouvelles dimensions. Et je souhaite que les habitants trouvent eux-mêmes dans cet élargissement des motivations nouvelles de loisirs et de vacances en Bourgogne-Franche-Comté !

Parallèlement, je perçois ma délégation aux « relations internationales » à côté de celle au tourisme comme une opportunité supplémentaire de promouvoir la Bourgogne-Franche-Comté à l’échelle du monde.

 

 

Quels sont selon vous les principaux atouts du tourisme dans cette nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté ? 

C’est une destination reconnue à l’international, grâce bien sûr à ses vins de notoriété mondiale et ses nombreuses spécialités gastronomiques. Dans le domaine du tourisme en particulier, la fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté, régions très complémentaires, a enrichi le « panier touristique » à offrir à nos visiteurs !

C’est une région riche de son histoire, de son patrimoine bâti et ses monuments, et de ses espaces de moyenne montagne comme le Jura, le Morvan et les Vosges, propices aux randonnées, à pied ou à cheval, et à la découverte du ski sous toutes ses formes. Et aussi une région irriguée de nombreux canaux et rivières navigables comme la Saône, où la croisière fluviale est en forte expansion, que longent des voies cyclables  de niveau européen, comme l’EuroVelo 6 qui reliera à terme l'océan Atlantique à la mer Noire en traversant notre région. Sans parler bien entendu de la richesse du patrimoine urbain tant des petites villes que des grandes villes, au premier rang desquelles Besançon et Dijon.

La région Bourgogne-Franche-Comté est donc, et ce n'est pas le moindre de ses atouts, un espace de respiration entre les deux régions les plus denses et les plus riches de France que sont les bassins parisien et lyonnais, et à proximité immédiate de pays européens comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Suisse à la recherche de tels espaces. Et bien plus attractive pour les clientèles lointaines que la moyenne des régions françaises. A nous de confirmer cette avance !

 

 

Percevez-vous des faiblesses sur lesquelles vous pensez pouvoir agir ?

Le tourisme constitue un formidable levier de développement économique pour un territoire comme le nôtre. Mais pour capter une part significative de la croissance mondiale dans un contexte fortement concurrentiel, je perçois par exemple deux dynamiques à renforcer prioritairement :

·         la formation et la professionnalisation des acteurs de la filière, afin de les aider à comprendre et anticiper les mutations qui bouleversent profondément la chaîne de valeur de cette économie ;

·         la structuration des acteurs qui œuvrent à ce développement, dans un secteur où co-existent de très nombreux organismes publics et beaucoup de toutes petites entreprises.

L’organisation autour de Collectifs, qu’il s’agisse de ceux du « tourisme culturel et urbain », de la filière de l’itinérance ou  des « contrats de canal », me semble être une solution efficace pour mieux répondre aux attentes des clientèles et accroître les retombées économiques dans notre région.

Je m’engage à consolider les dispositifs d’accompagnement régionaux qui existent déjà et ont démontré leur efficience, et suis à la recherche d’innovations qui amélioreraient encore notre performance collective.

La grande région Bourgogne Franche-Comté est un vaste territoire de contrastes avec une identité forte et des éléments d’attractivité qui font déjà sa réputation. Les deux régions avaient déjà développé une politique de montée en gamme des hébergements et ont investi dans le développement de l’itinérance. La nouvelle région devra mobiliser tous ses atouts touristiques pour rayonner et devenir encore plus attractive.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur les projets de la nouvelle mandature en termes de développement touristique ? Vos priorités ? Vos ambitions ?

Marie-Guite Dufay a placé le tourisme au cœur de la dynamique de rayonnement et d’attractivité de la grande région qu’elle préside depuis le début d’année.

Pour être attractive, la région doit être connue. Il faut donc créer une identité touristique et faire un marketing propre à soutenir à la fois notre notoriété et notre rayonnement : ce sont les ingrédients pour une région touristique mondialement reconnue.

Mais nous voulons aussi soutenir le tourisme social en investissant et en menant à bien les projets d’équipements structurants, car notre région s’y prête parfaitement, avec le développement de l’itinérance et la montée en gamme des hébergements.

Pour mettre en place ces orientations, nous sommes d’ores et déjà présents dans de nombreux dossiers structurants, en tant que facilitateur et financeur. Les futurs Center Parcs du Jura et de Saône-et-Loire, les projets de Cités des vins et de la gastronomie qui consolideront la reconnaissance par l’UNESCO des Climats du vignoble de Bourgogne ou le village-vacances de Lamoura, qui sont autant d’éléments-phares de notre ambition touristique sur lesquels ma détermination est totale pour les faire aboutir ou les accompagner.

La politique d’itinérance douce, celle du « slow-tourisme » et de l’expérience personnelle, portées par les circuits pédestres, cyclables, fluviaux ou équestres autour des grands sites patrimoniaux et touristiques sera renforcée à l’échelle de la grande région.

Les infrastructures et équipements, notamment l’appareil d’hébergement, qui constituent le socle sans lequel aucune promotion touristique n’est fondée, seront soutenus financièrement et accompagnés pour faciliter leur adaptation aux changements sociétaux et climatiques.

Mais surtout, je lancerai prochainement une démarche d’élaboration du nouveau Schéma régional de développement touristique, cadre stratégique pour la période 2017-2021, que je souhaite co-construire avec les départements  et toutes les parties prenantes concernées. La démarche sera collaborative, dans un secteur resté compétence partagée, ce qui nous laisse libre d’inventer les meilleures façons de faire pour demain.

Je compte sur vous tous !